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2017
Une nouvelle révolution industrielle : la digital factory

Avec Debbie Krupitzer,
responsable Internet of Things pour l'Amérique du Nord chez Capgemini

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Une nouvelle révolution industrielle : la digital factory

Après celle de la vapeur, de l’acier et de l’électricité, la prochaine révolution industrielle pourrait bien être celle de « l’usine 4.0 ». Que cache le concept d’usine digitale (digital factory) ? Quels sont les enjeux et les bénéfices pour les entreprises ? Éléments de réponse avec une spécialiste de la question.

51 %
D’industriels dans le monde ont mis en œuvre des processus de digital factory dans leur site de production

Une « révolution en marche »

En Allemagne, c’est un fabricant de semi-conducteurs qui va investir plus de 100 millions de dollars pour transformer son principal site industriel en « usine intelligente », avec imprimantes 3D et automates de manipulation. En Inde, c’est un grand groupe qui crée une usine capable de produire des pièces différentes grâce à la généralisation des technologies digitales. En Amérique du Nord, c’est un leader du secteur de la mécanique qui s’appuie sur une plateforme interactive pour piloter ses processus d’innovation.

Entre 17 et 20 %
Les gains de productivité de la digital factory selon les secteurs d’activités

Des nouvelles comme celles-là, il y en a chaque jour, et même de plus en plus. Elles sont la preuve qu’une révolution de grande ampleur est en train de se produire dans le monde industriel, celle de l’usine 4.0, connue aussi sous le nom d’usine digitale (digital factory en anglais). Une révolution qui gagne tous les pays et tous les secteurs d’activité.

« La digitalisation représente une rupture majeure dans l’histoire industrielle. Elle permet de dépasser les clivages traditionnels entre l’industrie et les services. Les biens produits par les industriels contiennent désormais une part croissante de services partagés. » Debbie Krupitzer

Debbie Krupitzer
Responsable Internet of Things pour l'Amérique du Nord chez Capgemini

Répondre à une double exigence…

« On peut clairement parler de quatrième révolution industrielle », souligne avec force Debbie Krupitzer, qui dirige les activités « digital manufacturing » et « Internet des objets » pour Capgemini sur le marché nord-américain. « Elle présente par rapport à celles qui l’ont précédée 3 grandes différences : elle porte non seulement sur des produits mais aussi sur des services. Elle permet de personnaliser les produits et elle rend possible la production de séries de plus en plus courtes. L’usine 4.0 marque un changement majeur par rapport à la production de masse des XIXe et XXème siècles. »

 

37 %
La proportion des entreprises des secteurs de la santé et de la pharmacie ayant adopté une démarche de digital factory

À l’origine de cette mutation, une double évolution qui concerne autant les industriels que les utilisateurs de biens et services. « L’usine 4.0 répond à une double exigence, poursuit Debbie Krupitzer. Il s’agit d’abord pour les industriels de gagner en productivité, en efficacité et en compétitivité. Les outils digitaux permettent de réduire les coûts en simplifiant les processus, de flexibiliser la production, de passer rapidement d’une fabrication à l’autre, de suivre les produits tout au long de leur cycle de vie, et d’améliorer de manière spectaculaire les contrôles et donc la qualité. Ils permettent également de travailler de manière interactive et transversale en échangeant en permanence des données. »

Entre 62 et 67 %
La proportion des entreprises des secteurs de l’aéronautique, de l’armement et de l’automobile ayant adopté une démarche de digital factory.

Mais l’usine 4.0 répond aussi aux attentes nouvelles des clients. « Dans l’automobile par exemple, les outils digitaux permettent de pousser très loin la personnalisation des véhicules – couleurs, options, services à la demande. La production se fait pratiquement à la carte. C’était impensable il y a encore 20 ans ou 30 ans pour des raisons de coûts. C’est aujourd’hui possible.»

« Disruption » dans la production !

À quoi ressemblent donc ces usines intelligentes, que Capgemini conçoit pour ses clients ?

Elle repose sur 5 piliers technologiques : les objets connectés, le big data, l’intelligence artificielle, la robotique avancée et le cloud. « Ces technologies ont totalement transformé l’industrie. Les objets connectés permettent par exemple de mettre en place des systèmes de maintenance prédictive avec un dialogue permanent, à distance, entre une pièce de machine connectée et le site en charge de sa maintenance. L’intelligence artificielle se traduit de son côté par le déploiement de robots collaboratifs capables d’interagir avec l’homme pour le libérer de certaines tâches. On pourrait ainsi multiplier les exemples…», explique Debbie Krupitzer qui parle de « disruption » dans la production.

« 
Avec l’usine 4.0, c’est une page qui se tourne : celle des biens produits en très grande série et s’adressant indistinctement à un client standard. C’est le dépassement de la consommation de masse.
 »Debbie Krupitzer

C’est donc bien un nouveau modèle qui s’invente. Un modèle dans lequel l’être humain, malgré les apparences, conserve toute sa place. « L’un des objectifs de l’usine digitale n’est pas de supprimer les hommes mais de les redéployer vers des tâches à plus forte valeur ajoutée faisant appel à leur sens de l’initiative ou à leur créativité », poursuit Debbie Krupitzer.

Le mouvement est-il inéluctable ? « Cela ne fait aucun doute, conclut-elle. Aussi sûrement qu’Internet s’est généralisé à la totalité des entreprises, l’usine digitale, en raison de ses avantages, deviendra la norme dans un avenir très proche, pour toutes les industries. »

Découvrez le rapport de Capgemini sur les Smart Factories

Fichier 1

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